en pariant sur l’écologie et le social, ces entreprises recrutent mieux

Pour elles, il n’est pas question d’attendre que l’exemple vienne d’en haut. De nombreuses entreprises sont engagées depuis leurs débuts dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Derrière cet acronyme, se cache toute une palette d’actions concrètes mises en place pour tenir des engagements environnementaux et sociaux.

Dans le secteur de la Tech, les employeurs peinent parfois à recruter. De leur côté, les salariés expriment de plus en plus une quête de sens. Pour eux, il n’est plus question de travailler pour des sociétés qui ne collent pas à leurs valeurs éthiques, ou de sacrifier leur vie personnelle pour une mission qui n’en vaut pas la peine.

Dans la région nantaise, ces problématiques sont particulièrement prises en compte par les entreprises innovantes. Nous avons justement décidé d’échanger avec deux d’entre elles qui se sont engagées dans un démarche RSE et qui en récoltent aujourd’hui les fruits. Ces stratégies leur ont permis d’améliorer leur marque employeur, de quoi séduire des profils tech qualifiés très attentifs aux valeurs sociétales promues par leurs employeurs.

Les entreprises nantaises s’engagent

Lors de nos discussions avec les sociétés nantaises, une chose frappe d’emblée : leur engagement autour de valeurs environnementales et sociales.

C’est par exemple le cas de Délia Technologies, une entreprise de services numériques créée en 2019. Camille Guilbault, responsable des ressources humaines précise ainsi : « Dès le départ, l’idée était de ne pas être uniquement centré sur le business mais de se tourner vers l’écosystème nantais. L’ambition est aussi de mettre en place les conditions pour que les collaborateurs puissent s’épanouir au sein de l’entreprise. »

L’ensemble va se formaliser en 2021 quand Délia Technologies devient Entreprise à mission. Julia Caillet, présidente du comité de mission interne en charge du RSE, précise :

Cela se matérialise par les différentes actions que l’on met en place localement. Concrètement, tous nos clients sont locaux. On essaie par ailleurs de limiter notre empreinte carbone via différentes initiatives, comme par exemple le ramassage de déchets en centre-ville. On collecte aussi du matériel numérique (câbles, ordinateurs, souris…) et on le donne à une association qui les répare et les offre à des personnes dans le besoin.

Délia Technologies s’occupe aussi du bien-être de ses salariés avec la prise en charge de 70 % du coût de la mutuelle. Des efforts sont également réalisés pour encourager la mobilité douce avec la mise en place d’un forfait pour tous ceux qui pratiquent le covoiturage et le vélo.

Enfin Délia bichonne les nouveaux venus dans la région nantaise en s’associant à la plateforme Switch Up qui aide les employés à s’installer, notamment en les aidant à trouver un logement ou à gérer les démarches administratives.

ASI, un cabinet d’expertises numériques qui accompagne les grandes et moyennes entreprises dans leur transformation digitale n’est pas en reste sur ce dossier. Dès 2009, la société a en effet réalisé son premier bilan carbone qui s’est traduit par la mise en place d’actions concrètes pour réduire les émissions.

Mais en 2018, tout a changé. « Nous nous sommes attaqués au cœur du réacteur : le numérique et son impact sur l’environnement », analyse Magali Barbey, Directrice Marketing, Communication et RSE, de la société.

Elle poursuit : « On sait que le numérique pèse pour 4 % des émissions carbone, mais la croissance est aujourd’hui exponentielle et insoutenable. Notre réflexion s’est matérialisée par la définition d’une raison d’être : agir pour un monde numérique responsable au service de l’humain. Nous avons ensuite lancé une feuille de route pour la décliner en actions. »

Cela s’est traduit concrètement par un allongement de la durée de vie du matériel au sein de l’entreprise. Par exemple, les ordinateurs sont conservés au moins 4 ans, jusqu’à ce qu’ils ne correspondent plus aux besoins des collaborateurs. De même, les serveurs qui étaient au nombre de 200 sont désormais virtualisés sous la forme de trois machines physiques chez un hébergeur qui répond aux derniers normes environnementales.

ASI veille aussi au bien-être de ses salariés et cela se retrouve dans l’attribution du label Happy at Work attribué par la société ChooseMyCompany. Au terme d’une enquête indépendante menée auprès des employés sur leur ressenti et leur épanouissement au travail. L’entreprise peut être fière de son évolution avec une amélioration de sa note au fil du temps.

Quand l’engagement permet de mieux recruter

Les entreprises nantaises ont clairement fait de leur engagement environnemental et social un véritable argument de recrutement. « Nous abordons ces enjeux lors des entretiens. L’idée est que les personnes que nous embauchons partagent les mêmes valeurs que nous. On sent qu’il y a une demande de la part des candidats d’avoir une entreprise plus responsable », détaille Camille Guilbault.

Magali Barbey abonde en son sens : « Nous présentons systématiquement notre démarche RSE aux candidats. Il s’agit de notre culture d’entreprise, et il est important que les gens qui veulent nous rejoindre la partage. C’est aussi un critère d’attractivité pour les candidats de se dire : “je rejoins une entreprise qui s’engage pour le numérique responsable et sur la qualité de vie au travail” ».

Dans l’ensemble, nos interlocuteurs le confirment, alors qu’il est parfois difficile d’attirer des talents, les jeunes générations sont aujourd’hui très sensibles à la responsabilité des entreprises en matière de changement climatique. Cela se voit aussi au niveau des thématiques de la qualité de vie au travail. Pour les candidats, évoluer dans une société qui respecte le droit à la déconnexion est très important.

Dans ce contexte, Nantes a des atouts particuliers à faire valoir. Camille Guilbault explique d’ailleurs : « On sent qu’une ville comme Nantes est très verte et engagée, et que beaucoup d’actions sont portées dans ce sens. Cela se retrouve chez les candidats. »

Magali Barbey confirme cette vision : « L’écosystème nantais, tous secteurs confondus, a toujours été en avance sur ces sujets là. De nombreuses initiatives sont prises au niveau local. Par exemple, nous avons participé à la convention des entreprises pour le climat cette année et nous planchons sur la création d’une déclinaison locale de cette initiative nationale. »

L’Ouest de la France a décidément des arguments à faire valoir, et c’est un terreau d’engagement très fort sur la RSE et sur l’environnement.

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