Test Nvidia GeForce RTX 4080 : le raytracing et la 4K en ligne de mire

Nous avions abordé les évolutions apportées par l’architecture Ada Lovelace dans notre test de la GeForce RTX 4090 et nous vous renvoyons vers cet article pour en apprendre plus à ce sujet. La GeForce RTX 4080 n’utilise pas la même puce graphique que celle de la GeForce RTX 4090 (AD102), mais une version un peu moins grande nommée AD103. Celle-ci comporte 45,9 milliards de transistors répartis sur une surface de 378,6 mm² — à comparer aux 76,3 milliards de transistors sur 608,5 mm² du modèle supérieur.

Représentation graphique des différentes unités de calcul composant le GPU AD103 de la GeForce RTX 4080.

Représentation graphique des différentes unités de calcul composant le GPU AD103 de la GeForce RTX 4080.

© Nvidia

De fait, cette déclinaison embarque uniquement 7 blocs GPC à son bord. Les unités de rendu classiques (CUDA Cores) sont au nombre de 9728, ce qui est à mi-chemin entre ceux de la GeForce RTX 3080 (8704 CUDA) et de la GeForce RTX 3080 Ti (10240 CUDA). À noter toutefois que ces unités ne sont pas tout à fait les mêmes que celles issues de l’architecture Ampère. Pour le reste, on dénombre 304 Tensor Cores de 4e génération pour accélérer les traitements dédiés à l’IA, 76 RT Cores de 3e génération pour les traitements liés au raytracing, 304 unités dédiées aux textures et 112 unités de rendu. À noter aussi la présence d’un cache L2 de 64 Mo, contre 4 à 6 Mo sur les GeForce RTX de série 3000.

Le nombre d’unités de calcul n’évolue finalement pas beaucoup par rapport à l’ancienne génération de cartes graphiques Nvidia, mais le passage à une finesse de gravure en 5 nm (nommée N4 chez TSMC) permet au fabricant de pousser le curseur de fréquence assez loin. La GeForce RTX 4080 est ainsi donnée pour 2505 MHz sur sa fréquence Boost, soit une hausse de 795 MHz par rapport à la RTX 3080. Un point qui, conjugué aux évolutions architecturales sur les différentes unités de traitement permettrait de réaliser un bond générationnel important sur les performances.

Le circuit imprimé de la GeForce RTX 4080.

Le circuit imprimé de la GeForce RTX 4080.

© Nvidia

Autour du GPU, on trouve 16 Go de GDDR6X à 2800 MHz opérant sur un bus 256 bits. Cela permet d’obtenir une bande passante de 716,8 Go/s. L’ensemble de la carte graphique est donné pour un TGP maximal de 320 watts, mais Nvidia change un peu sa manière d’aborder le sujet. Ainsi, sur les GeForce RTX de séries 2000 et 3000, le TGP était bien souvent la consommation électrique que l’on retrouvait dans la plupart des cas de figure. Sur les GeForce RTX 4000, il s’agit plus de la limite de consommation électrique. Nvidia indique par exemple que la consommation moyenne en jeu de la GeForce RTX 4080 se situe plutôt à 250 watts.

Les GeForce RTX 4080 et RTX 4090 sont, à première vue, des sœurs jumelles.

Les GeForce RTX 4080 et RTX 4090 sont, à première vue, des sœurs jumelles.

© Les Numériques

Refroidir entre 250 et 320 watts ne pose généralement pas de gros problèmes aux fabricants de cartes graphiques. Nvidia a toutefois vu les choses en grand pour le système de refroidissement, directement hérité de celui de la GeForce RTX 4090. On retrouve ainsi une carte volumineuse (30,5 cm de long, 3 slots) et assez lourde (pas moins de 2,2 kg).

Le système de refroidissement se base toujours sur une chambre à vapeur qui est en contact avec le GPU et les puces mémoire. Deux ventilateurs de 11,6 cm de diamètre font circuler l’air de part et d’autre de la carte graphique au travers d’ailettes en aluminium. Ces ventilateurs ont le bon goût d’utiliser un bain d’huile plutôt qu’un système de roulement à billes. Cela offre une meilleure durabilité et un bruit plus contenu — on trouve par exemple ce type de système sur les ventilateurs Noctua.

Le connecteur d'alimentation 12HWP est source de déconvenues chez certains utilisateurs.

Le connecteur d’alimentation 12HWP est source de déconvenues chez certains utilisateurs.

© Les Numériques

Si la carte graphique opère sur une interface PCIe 4, elle s’alimente via un câble PCIe 5 de type 12HPWR. Un nouveau format qui permet de limiter à un seul câble l’alimentation électrique de la carte graphique, mais qui ne semble toutefois pas tout à fait bien maîtrisé par les différents fabricants de câbles — certaines GeForce RTX 4090 ayant vu leur prise d’alimentation fondre. Toujours est-il que Nvidia fournit un adaptateur 12HPWR vers 3 prises PCIe à 8 broches de manière à pouvoir utiliser la carte graphique avec une alimentation ne disposant pas encore de câble spécifique.

La GeForce RTX 4080 est assez massive.

La GeForce RTX 4080 est assez massive.

© Les Numériques

La carte de référence — nommée Founders Edition — propose par ailleurs quatre sorties vidéo : trois DisplayPort 1.4a et une HDMI 2.1a. Cette dernière est en mesure de sortir un signal 8K HDR à 60 Hz ou 4K HDR à 120 Hz et prend également en charge le rafraîchissement variable. On rappelle que l’encodeur et le décodeur vidéo gèrent désormais les formats H.264, le HEVC, le VC1, le VP9 et l’AV1.

Note de la rédaction: 5 sur 5

Performances dans les jeux

Comme prévu, la fréquence de fonctionnement du GPU est assez élevée. Sur l’ensemble de nos tests, nous avons mesuré un maximum de 2790 MHz et une moyenne à 2758 MHz en 4K — toujours sur un mix de jeux au rendu classique, en raytracing et en raytracing avec DLSS actif. En WQHD et en Full HD, la moyenne est à 2769 MHz.

Cette fréquence élevée, conjuguée aux évolutions apportées par l’architecture Ada Lovelace permet d’observer une belle envolée des performances. Dans les jeux exécutés en rasterisation uniquement et dans une définition 4K, la GeForce RTX 4080 se montre 50 % plus rapide que la GeForce RTX 3080 10 Go. Elle devance la GeForce RTX 3090 de bien belle manière (une avance de 30 % en moyenne). La GeForce RTX 4090 reste tout de même bien plus rapide avec un débit d’image en moyenne 26 % plus élevé. Évidemment, la Radeon RX 6900 XT est battue à plate couture (+45 %), mais là n’est pas véritablement sa rivale ; il faudra plutôt attendre le verdict une fois les Radeon RX 7900 XTX et RX 7900 XT testées.

En raytracing, l’évolution est tout aussi intéressante, avec une moyenne 67 % plus élevée que sur la RTX 3080, et 43 % plus élevée que sur la GeForce RTX 3090. La GeForce RTX 4090 est en revanche 41 % plus véloce dans cet exercice. Deux mondes ! La nouvelle venue de Nvidia excelle donc dans l’art d’exécuter les jeux en raytracing, et cela d’autant plus qu’elle peut être assistée par le DLSS pour voir le débit d’image s’envoler ; un point d’autant plus vrai avec l’arrivée d’un nombre croissant de jeux compatibles DLSS3 où le débit d’image est pratiquement doublé par rapport à une exécution en DLSS2. Il s’agit là d’un atout assez important pour les cartes graphiques Nvidia.

La GeForce RTX 4080 est une excellente carte graphique pour jouer en 4K avec raytracing actif.

La GeForce RTX 4080 est une excellente carte graphique pour jouer en 4K avec raytracing actif.

© Les Numériques

Factuellement, la GeForce RTX 4080 est une carte graphique aboutie dans sa conception (finition exemplaire, chauffe et bruit maîtrisés) et qui excelle dans tous les autres domaines. Très rapide dans les jeux, elle ne fait qu’une bouchée des titres les plus exigeants techniquement, et notamment ceux qui usent et abusent du raytracing. Un bon point qui arrive pile au moment où, ô surprise, des jeux exploitant un nombre accru de rayons sont annoncés pour 2023.

Nvidia continue par ailleurs de concevoir ses cartes graphiques comme une expérience complète, additionnant le matériel au logiciel. En découle l’arrivée du DLSS3, pour le moment exclusif aux GeForce RTX de série 4000. Une technologie d’upscaling avancé qui permet littéralement de décupler le débit d’image dans les jeux, sans avoir d’impact notable sur la qualité de rendu. Les développeurs ayant tendance à suivre assidument Nvidia dans l’intégration de ses technologies, nul doute que la majorité des jeux exploiteront cette solution dans les mois à venir.

Si l’on se fie à la nomenclature de la carte, on peut estimer que le bond de génération dans les jeux est assez important. La GeForce RTX 4080 est en moyenne 55 % plus véloce sur le débit d’image que la GeForce RTX 3080 ; mais au prix d’une nette hausse de tarif. La nouvelle venue est ainsi vendue 1469 € dans sa version Founders Edition, quand le précédent modèle a été lancé à 719 € — puis ajusté à 759 €. Un prix doublé pour des performances qui, elles, ne le sont pas — le joueur n’y gagne pas réellement au change, ce qui explique sans doute en partie pourquoi le DLSS3 est exclusif aux RTX 4000 — Nvidia arguant qu’il s’agit-là d’une limite matérielle ; un point discutable.

La GeForce RTX 4080 doit avoir de l'espace pour être utilisée.

La GeForce RTX 4080 doit avoir de l’espace pour être utilisée.

© Les Numériques

On peut néanmoins également comparer le rapport performance/prix par rapport à la GeForce RTX 3090, lancée à 1549 € à son époque et ajustée désormais à 1199 €. Là, la GeForce RTX 4080 est effectivement plus intéressante, avec un débit moyen augmenté de 33 % pour une majoration du prix de 22 % au cours actuel.

Bref, le positionnement tarifaire peut être vu de différentes manières, toujours est-il que cette carte graphique restera hors de portée de nombreuses bourses, la majorité des joueurs ne dépensant guère plus de 700 € pour s’équiper ; et le panier moyen est nettement inférieur. Il sera surtout intéressant de voir les performances qu’opposeront les Radeon RX 7900 XT et Radeon RX 7900 XTX, ses deux véritables concurrentes chez AMD.

Points forts

  • Performances en 4K.

  • DLSS 3.

  • Performances en raytracing.

  • Système de refroidissement efficace.

  • Sortie vidéo HDMI 2.1a.

  • Écosystème logiciel Nvidia.

  • Excellente finition.

  • Ventilation à l’arrêt quand la carte est au repos.

Points faibles

  • Nécessite un boîtier très bien ventilé.

  • Système de refroidissement qui met à mal les dissipateurs CPU à air.

  • Connecteur d’alimentation au milieu de la carte.

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