Pourquoi le retour du Trône de Glace dans Hearthstone a échoué ? – Hearthstone

Le retour de l’extension Les Chevaliers du Trône de glace a été saluée lors de son annonce. La majorité des joueurs y ont vu une excellente nouvelle, mêlant nouveauté et mélancolie à un métagame qui commençait à s’épuiser.  Pourtant, maintenant que deux semaines sont passées, il est possible de faire un bilan sur le retour des adeptes du Roi Liche. Et malheureusement, il n’est pas très bon.

À l’heure actuelle, si l’on regarde les decks dominants selon les statistiques de HSreplay, la grande majorité d’entre-eux ne jouent aucune carte de l’extension du Trône de glace. 

Si l’on exclut Guerrier Blessure, qui a bien su profiter du retour de certaines cartes, et représente la principale raison d’apprécier le retour du Roi Liche. Parmi les 10 decks avec le meilleur winrate entre le rang diamant et légende actuellement, il faut aller jusqu’au dixième deck, avec le Chaman Murloc, pour trouver de nouvelles cartes dans un deck. 

Pour les huit autres, dont deux sont des decks du Chasseur de démons, qui n’a eu aucune nouvelle carte soit dit en passant, les decks n’ont pas évolués, et cela ne semble pas du tout les déranger. Avec ce constat, il est naturel de dire que le retour d’une extension entière n’a presque rien apporté au métagame actuel, mais la question importante, c’est pourquoi ? La réponse est connue de tous : le Powercreep. 

Le powercreep, c’est ce concept magique sur lequel tous les joueurs de cartes râlent depuis des décennies et qui nous force à continuer d’acheter des cartes, même quand on aime bien les actuelles. Et qui de temps en temps, devient si flagrant que l’on y voit une arnaque organisée pour nous soutirer de l’argent.

Alors dans cet article, revenons sur le manque d’impact du retour de l’une des extensions emblématiques d’Hearthstone, et parlons du principal coupable, le powercreep. 

1. Un problème de mot-clé

Avec le temps, il est devenu très clair que c’est le Cri de Guerre qui est le mot clé le plus fort d’Hearthstone. L’immédiateté et l’explosivité procurée par ce mot-clé a relayé les autres au second plan avec le temps, dont le râle d’agonie, thème de l’extension du Roi Liche. 

Mais un autre problème de taille a également largement limité les sbires du Roi Liche : l’Étoile de mer étouffante, le silence de zone toujours assez commun après son passage à quatre points de mana. 

En effet, même si à l’époque du Roi Liche, la meilleure carte de l’extension était déjà un cri de guerre (Prince Keleseth, ne faites pas semblant d’avoir pensé à autre chose). Mais aussi, le thème de la mort n’avait pas plusieurs réponses parmi des cartes populaires du métagame. 

Si cela n’est pas du powercreep a proprement parlé, le fait d’apporter des réponses à certains éléments du jeu pendant que l’on en renforce d’autres est une façon de pousser certaines cartes vers la porte. À l’heure actuelle, avec Brann dans le jeu pour aider les cri-de-guerre et des réponses au râle d’agonie, il est tout à faire normal que plusieurs mécaniques du Trône de Glace soit totalement inutilisable. Par exemple les cartes qui invoquent de gros serviteurs s’ils meurent pendant le tour adverse.

2. Une notion du temps différente

Il y a deux grandes notions à prendre en compte quand on analyse une carte : Ce qu’elle apporte à la partie et sa fenêtre d’application. 

La première catégorie est souvent la partie visible de l’iceberg. Il s’agit du jugement de si la carte est forte ou pas, si elle débloque des combos, inflige beaucoup de dégâts… Mais très fréquemment, c’est la fenêtre d’application d’une carte qui est le facteur déterminant à son succès. 

Dans le Hearthstone d’aujourd’hui, nous avons beaucoup de cartes qui sont fortes à presque tous les moments de la partie parmi les plus impactantes du métagame : 

  • Brann : Copier un cri de guerre est toujours excellent, même, l’avancée de la partie en débloque de plus en plus. 
  • Theotar : Tant que l’on a le temps de dépenser les cinq cristaux de mana, la carte est jouable à tout moment. 
  •  Les héros nouvelle génération, Guff, Varden,Cariel Tamsin, Rokara, Tchak… : Excellents sur leur coût en mana, mais également utiles par la suite. 
  • Les Reliques du chasseur de démons : Leur croissance à chaque utilisation leur permet de grossir avec la partie qui avance

Et si l’on regarde les decks dominants selon HSreplay, on voit des decks avec des cartes assez peu chers qui sont ainsi flexibles pour créer différentes combinaisons selon la situation et le mana disponible. Et c’est là la grande différence avec l’époque des Chevaliers du Trône de glace, les cartes sont beaucoup plus flexibles de nos jours. 

Joué au tour 2, le Prince Keleseth est surement encore une carte qui vaut le coup aujourd’hui et qui peut faire pencher la balance dans n’importe quelle partie. Mais là, est le problème, en dehors du tour 2, la carte n’a que très peu d’intérêt. Si on la compare au Prince Renathal par exemple, qui lui voit son effet peser sur la partie quoi qu’il arrive puisqu’il se déclenche automatiquement. On comprend tout de suite que l’un est beaucoup plus régulier que l’autre. 

On peut faire une comparaison similaire entre des cartes couteuses également : Le Roi Liche et Sire Denathrius, chacun emblème de leur extension. 

Même avec provocation, si le Roi Liche n’est pas joué dans de très bonnes conditions, c’est une carte assez moyenne. De plus, les cartes qu’il offre sont certes très fortes, mais aussi très situationnelles, en dehors du Voile de Mort. Denathrius quant à lui est presque toujours fort. Encore une fois, nous avons une carte dont la puissance peut suivre l’évolution de la partie grâce à l’imprégnation. Et qui inflige des dégâts tout en vous soignant, amenant à des capacités défensives et agressives, qui font que la fenêtre d’utilisation est énorme. 

Il est possible que la puissance brute des cartes du Trône de Glace puisse rivaliser avec les cartes qui ont vu le jour cette année. Mais du point de vue de la quantité de situations dans lesquels nous pouvons utiliser les cartes, le Roi Liche est à des années lumières du Château Nathria. 

3. Un problème de dégâts directs

Dernier point de cette analyse, est probablement le plus important : On ne gagne plus à Hearthstone de la même façon. De nos jours, Hearthstone est un jeu dont la ressource principale est sans aucun doute les points de vie. Évidemment, la triche sur le mana continue d’être monnaie courante, mais cette dernière se traduit beaucoup plus souvent par des dégâts sur l’adversaire que par un développement qui peut être pleinement contrecarré. 

La dague de Drakka en Voleur, Le pouvoir héroïque du mage, les sorts de fel du chasseur de démons, les malédictions en démoniste… La liste est longue, mais tourne beaucoup autour des dégâts directs. 

À l’époque du Trône de glace, le jeu n’était simplement pas le même, et c’étaient les cartes qui étaient la valeur forte. Ainsi, avec moins de possibilité de surprendre l’adversaire avec des dégâts directs, les serviteurs avaient beaucoup plus de temps pour s’exprimer. 

Aujourd’hui, les serviteurs sont beaucoup plus gros, plus rapidement, et créent un sentiment d’urgence qui met le joueur sur la défensive dans l’incapacité de jouer ses propres serviteurs, sous peine de subir énormément de dégâts. 

Ainsi, aussi fortes que les cartes du Trône de glace aient pu être, si elles ne sont pas utilisées dans une situation optimale, elles sont souvent beaucoup trop lentes pour le jeu des dégâts directs. Ce n’est pas une question de mauvaises statistiques ou d’effet trop faible, les cartes ne sont juste pas en accord avec la façon de jouer à Hearthstone à l’heure actuelle. 

De ce fait, les seules cartes qui réussissent à se faire une place sont celles qui collent à cette logique de dégâts directs. Soit en tant que soutien de nos dégâts, soit en tant que réponse à ceux de l’adversaire. Cela ne laisse donc que de la pioche (Pêche sur Glace en Chaman), du soutien peu cher (Berserker Animé en Guerrier) ou une défense monstrueuse (Plaie Envahissante en Druide). 

4. Conclusion

Je n’ai aucun doute sur le fait que le Roi Liche sera le plus fort en décembre lorsqu’il rejoindra les 10 autres classes sur Hearthstone. Comme le veut la tradition d’une extension à une autre, et si l’histoire avec Chasseur de démons se répète, il est très possible que le Chevalier de la Mort domine jusqu’à être nerfé pour retourner dans le rang. J’ai d’ailleurs très peu de l’archétype Givre de la classe, qui semble avoir beaucoup trop de dégâts flexibles pour être équilibrée à sa sortie. 

D’ici là, il faudra patienter et se contenter des anciennes cartes du Roi Liche, à défaut de pouvoir tester les nouvelles. Et si vous regrettez le fait que seulement cinq ou six cartes ont réussi à vraiment trouver leur place, dites-vous que c’est à peu près le même nombre que pour le dernier Mini Set, sauf que ces cartes-là étaient gratuites. 

Les prochains articles se concentreront évidemment sur l’extension qui arrive. Nous avons vu toutes les cartes de la nouvelle classe à ce jour, et je prépare donc le prochain article, pour vous présenter plusieurs orientations de decks possibles.
D’ici là, je vous souhaite un bon jeu à tous !

Leave a Reply