Test de Sonic Frontiers sur PS5 par jeuxvideo.com

Le hérisson le plus célèbre de l’industrie vidéoludique est de retour en 2022 fort d’un concept inédit pour la franchise. Avec Sonic Frontiers, la mascotte de SEGA délaisse pour un temps sa formule historique au profit d’une expérience en monde ouvert. Ce jeu d’aventure signe-t-il le renouveau de la saga ?


Une histoire interdimensionnelle

Sonic Frontiers débute, non pas avec Sonic, mais avec le Docteur Ivo Robotnik aka Eggman qui active sciemment une technologie ancestrale très avancée ce qui a pour conséquence directe de l’enfermer dans une cyber-dimension. Au même moment, Sonic, Miles “Tails” Prower et Amy Rose, tous les trois à bord de leur biplan rouge iconique, sont aspirés par un étrange portail interdimensionnel. Suite à cet incident, Sonic, qui semble être le seul à s’en être sorti indemne, enquête afin de retrouver ses amis et lever le voile sur les mystères entourant l’île sur laquelle il se trouve.

L’histoire de Frontiers se veut certes intrigante de prime abord avec son approche “science-fiction” très appuyée, mais finit par devenir secondaire après plusieurs heures de jeu. En effet, le scénario se dévoile petit à petit, une révélation après l’autre, et donc une cinématique après l’autre, ce qui rend malheureusement l’ensemble trop mécanique et prévisible. L’interprétation des différents personnages manque également de conviction, surtout en version française, ce qui empêche de profiter pleinement d’un récit au demeurant très enfantin. En effet, le ton employé durant toute l’aventure dénote avec l’intensité de l’expérience imaginée par la Sonic Team.

Néanmoins, la bande originale de Sonic Frontiers dépote, et souligne parfaitement les différentes séquences de jeu, sachant simplement accompagner l’exploration par une douce mélodie avant de passer la seconde lors des combats via des riffs qui électrisent l’atmosphère. Il est tout simplement plaisant de tendre l’oreille et de se laisser bercer par les ambiances musicales composées par les artistes de SEGA. Une bande-son à saluer et à surtout mettre aux crédits des studios.

Sonic Frontiers : La réponse de SEGA au monde ouvert de Zelda Breath of the Wild ?

Un monde ouvert à explorer

Pour la première fois de sa longue histoire, la saga Sonic s’intéresse aux mondes ouverts avec tout ce que cette décision, lourde de sens, implique en termes de structure et de gameplay. SEGA nous a habitués depuis trois décennies à des aventures linéaires, faites de niveaux successifs. Dans Sonic Frontiers, le hérisson anthropomorphique se lance un défi de taille, celui de sillonner les vastes étendues d’un open world tout en conservant ce qui le caractérise, à savoir la vitesse et la plateforme.

Avant même d’aborder le monde de Frontiers, une petite précision s’impose. Ce jeu d’aventure se divise en réalité en cinq îles (Ares, Chaos, Kronos, Ouranos et Rhea) qui composent d’une certaine manière un archipel aux biomes variés. Sonic traverse ainsi des plaines, des forêts, un désert ou encore un volcan selon la carte. Sonic Frontiers n’est donc pas un monde ouvert par définition, mais cela n’enlève en rien le plaisir de la découverte. L’exploration des différentes îles est plaisante, d’autant plus que les développeurs sont parvenus à intégrer la notion de plateforme au sein des environnements avec pour résultat d’avoir l’impression de jouer à un jeu Sonic, malgré l’ouverture du monde entrepris par les studios.

Pourtant, après plusieurs heures de jeu et îles explorées, un sentiment de répétition vient doucement, mais sûrement s’immiscer dans l’expérience. La faute incombe à une aventure enchaînée à la récolte d’items essentiels pour progresser dans l’histoire (jetons souvenirs, mécanismes, clés de portail, émeraude, etc.) et à une reconnaissance des îles liée à la résolution d’énigmes et la réussite de défis. Dans Sonic Frontiers, il est inutile de flâner au gré du vent. En effet, vagabonder à l’envie ne dévoile pas les différents segments des îles, et encore moins leurs points d’intérêts… ce qui va l’encontre même du principe d’open world.

Sonic Frontiers : La réponse de SEGA au monde ouvert de Zelda Breath of the Wild ?

Puis Frontiers poussent les joueurs à effectuer de multiples allers-retours sur les îles ce qui gonfle artificiellement la durée de vie. Les amis de Sonic se téléportent littéralement d’un point à un autre de la map forçant ainsi le hérisson à parcourir des kilomètres dans le seul but de déclencher les prochains objectifs qui pour rappel sont copiés-collés d’une île à l’autre (exception faite de la quatrième). Cependant, les portails érigés dans l’open world donnent accès à des niveaux 2D-3D inspirés des précédentes aventures du hérisson bleu (à retrouver en intégralité dans le mode Arcade). Ces phases “à l’ancienne” sont un véritable bol d’air, et prouvent que Sonic n’est jamais aussi virevoltant que dans un environnement 100% contrôlé. Ces “dimensions numériques”, aussi linéaires que fun, sont paradoxalement le principal intérêt du monde ouvert de Sonic Frontiers. Il convient de mentionner également les mini-jeux disséminés tout au long de l’aventure qui ravivent la flamme de la découverte.

En ce qui concerne les graphismes, le titre développé par la Sonic Team souffle le chaud et le froid. La direction artistique passe aisément d’un style à l’autre. Il en résulte une dissonance parfois visuelle, entre le cartoon des personnages, le “réalisme” des environnements et l’approche techno-futuriste. Toutefois, seul le monde ouvert en pâtit. En effet, les niveaux 2D-3D conservent une DA cohérente de bout en bout. Enfin, techniquement parlant, Frontiers ne fait pas d’étincelles. L’expérience se veut fluide, ce qui s’avère être un prérequis pour profiter pleinement d’un jeu Sonic, mais souffre principalement d’un clipping prononcé, à savoir l’apparition ou disparition non désirées d’éléments dans le champ de vision des joueurs.

Sonic Frontiers : La réponse de SEGA au monde ouvert de Zelda Breath of the Wild ?

Un archipel à libérer

Nous avons mentionné plus tôt l’excellente intégration des éléments de plateforme dans le monde ouvert, et il en va de même pour les combats, pas si nombreux que cela, mais à la fois accessibles et nerveux. Afin de simplifier les affrontements et de compenser les errements d’une caméra trop souvent mises en difficulté, même lors des phases de plateforme, Sonic peut compter sur son attaque téléguidée, histoire de passer d’un ennemi à l’autre avec une aisance folle. D’ailleurs, le bestiaire s’avère varié, et devient de plus en plus retors avec notamment les Gardiens, des mini boss aux patterns spécifiques particulièrement coriaces.

Les combats de boss poussent la notion d’épique à son paroxysme ! Lors de ces duels où seul le temps est synonyme de défaite, notre héros affronte des êtres gigantesques dans sa forme Super. Et pour cause, Super Sonic ne peut décemment mourir, mais consomme en contrepartie des anneaux pour maintenir un tel niveau de puissance. Tel un compte à rebours, le nombre d’anneaux décroît pour finalement arriver à zéro ce qui est synonyme de Game Over. Hélas, ces séquences hautement cinématographiques et menées tambour battant souffrent du même problème de caméra qui peine parfois à suivre l’action. La composante “jeu de rôle” de Sonic Frontiers peut également être à l’origine de mauvaises surprises.

L’ajout de mécaniques RPG dans les jeux d’action-aventure est devenu l’une des marottes de l’industrie vidéoludique, et Sonic Frontiers n’échappe pas à la règle. Le hérisson supersonique de SEGA peut compter sur un arbre de talents pour débloquer de nouvelles compétences, principalement des attaques qui diversifient les combos. Il est également recommandé de récolter autant que possible des graines ainsi que de retrouver les Kocos perdus sur les îles afin d’augmenter l’attaque, la défense, la vitesse et pour finir la capacité à porter des anneaux du personnage principal. Si sur le papier, accroître l’immersion en plaçant la destinée de Sonic entre les mains des joueurs est louable, dans les faits, cela s’avère maladroit et quelque peu fastidieux.

Sonic Frontiers : La réponse de SEGA au monde ouvert de Zelda Breath of the Wild ?

Conclusion

Points forts

  • Une histoire de science-fiction
  • Une bande originale de qualité
  • Un jeu de plateforme en monde ouvert
  • Un système de combat accessible et nerveux
  • Des affrontements de boss titanesques
  • Les niveaux 2D-3D (ou “dimensions numériques”)
  • Le mode Arcade

Points faibles

  • Un récit prévisible
  • Une technique perfectible (clipping)
  • La caméra mise en difficulté
  • La répétitivité des objectifs et de l’aventure
  • Des visuels cartoon-réalistes dissonants
  • Une surcouche RPG maladroite

Sonic Frontiers ose sortir des sentiers battus par la franchise, et pour oser… il ose. Transformer une formule historiquement linéaire en un open world n’est pas chose aisée, et la Sonic Team s’en sort sans pour autant parvenir à éviter tous les écueils qu’un tel changement impose, à commencer par la répétitivité de l’aventure, une technique perfectible et une caméra mise en difficulté. Toutefois, cette nouvelle expérience Sonic souffle un vent de fraîcheur sur la saga avec ses combats titanesques, son approche du “platformer” en monde ouvert et sa volonté de repousser ses propres limites, quitte à perdre en maîtrise.

14.1

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