La trottinette électrique est devenue un moyen de déplacement personnel en France

Dans un magasin de vente de trottinettes électriques, à Nancy, le 21 juillet 2022.

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Un matin de septembre, devant la gare du Havre (Seine-Maritime). Sur les pistes cyclables aménagées de part et d’autre du cours de la République, les flux ne cessent pas : des vélos, mais aussi beaucoup de trottinettes électriques – une pour deux vélos, selon un comptage empirique. Le vendredi suivant, en fin de journée, à la gare de Valognes (Manche), plusieurs passagers descendent du train venant de Paris et de Caen avec une trottinette repliée sous le bras. Enfin, quelques semaines plus tard, à Mâcon, de jeunes hommes passent la soirée dans les rues du centre-ville sur leur trottinette noire.

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Quatre ans après l’apparition des premiers exemplaires en ville, on ne peut plus résumer la destinée de la trottinette électrique aux engins en libre-service, ces objets multicolores déposés sur les trottoirs de Paris par des autoentrepreneurs agissant au nom de start-up florissantes.

La trottinette à batterie est devenue un moyen de déplacement personnel. En France, en 2021, il s’en est vendu 900 000, selon les données compilées par la Fédération des professionnels de la micromobilité (FPMM), qui rassemble 52 entreprises liées au secteur. Les ventes ont progressé de 42 % par rapport à 2020, « et la tendance devrait se poursuivre, à condition que les fabricants ne manquent pas de pièces détachées », estime Jocelyn Loumeto, délégué général de la FPMM.

L’assemblage d’une trottinette requiert des éléments mécaniques relativement simples, ainsi qu’un moteur et une batterie produits par des sous-traitants. Or les fabricants ont « subi les difficultés d’accès aux matières premières, les impacts de la politique zéro Covid en Chine et le renchérissement du transport par conteneurs », précise Rudy Godoy, directeur commercial pour la France de Ninebot, un fabricant chinois qui vise 10 % du marché français en 2022. En attendant, la trottinette conquiert la chaussée.

« Premier marché européen »

La FPMM estime à 2,5 millions le nombre d’utilisateurs réguliers en France. « Le libre-service cache la forêt », tranche Jocelyn Loumeto. Selon lui, le chiffre d’affaires annuel des opérateurs comme Lime, Bird, Dott ou Voi ne dépasse pas 40 millions d’euros, contre 310 millions pour les ventes aux usagers. Ceux-ci ont déjà pris leurs habitudes. Ils se fournissent principalement dans les hypermarchés et chez les grands distributeurs spécialisés. La grande surface concentrerait, selon la FPMM, 50 % des ventes, contre 30 % pour les détaillants et 20 % pour Internet.

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