The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?

C’était l’annonce la plus surprenante de la semaine : pour fêter les 15 ans du premier The Witcher, CD Projekt a annoncé un remake du jeu ! Ce dernier sera développé sous Unreal Engine 5 par le studio Fool’s Theory, constitué d’anciens de CD Projekt RED ayant travaillé sur la célèbre trilogie du Sorceleur. Mais que pouvons-nous attendre de ce projet aussi étonnant qu’inattendu ?

En cette fin octobre, à l’approche d’Halloween et alors qu’une célèbre sorcière est sur le retour du côté de chez Nintendo, c’est un confrère sorceleur qui refait l’actualité ! Tel le phénix (qui n’est cependant pas l’oiseau de son logo), CD Projekt semble bien parti pour renaître des cendres dans lesquelles il a failli finir après le lancement chaotique de Cyberpunk 2077. Depuis bientôt deux ans et la sortie très compliquée du jeu le plus attendu de son histoire, le studio polonais tente clairement de se racheter, et le fait d’ailleurs très bien. En effet, il a non seulement rendu son dernier titre bien plus stable pour les consoles next-gen, et le jeu semble de retour dans le cœur des joueurs, mais en plus, ses ambitions sont clairement intactes et une ribambelle de nouveaux projets ont récemment été annoncés, aussi bien autour de l’univers de Night City… que de celui du célèbre Sorceleur de Andrzej Sapkowski, dont il adapte les ouvrages en jeux vidéo depuis 15 ans. Le dernier en date, et ce n’est pas un hasard, fut l’annonce d’un remake du tout premier jeu de la trilogie effectuée le jour du 15ème anniversaire de la sortie de ce dernier…

Sommaire

  • Du simple “projet CD” au succès international
  • Un remake plus que bienvenu pour tout le monde
  • La promesse d’une énorme mise à jour technique
  • Une occasion idéale de se racheter auprès des joueurs
  • Remake, mais jusqu’à quel point ?
The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?

Du simple “projet CD” au succès international

C’est en effet il y a 15 ans (déjà) que démarrait la success story de CD Projekt, studio polonais initialement fondé en 1994. D’abord pensé pour importer sur le marché local des jeux PC au format CD-ROM (d’où son nom), la société co-fondée par Marcin Iwiński et Michał Kiciński se fera un nom en localisant Baldur’s Gate, un des premiers jeux vidéo intégralement traduits dans la langue de Sapkowski. Le papa de Geralt de Riv avait déjà à son actif plusieurs romans lorsqu’en 2002, il y a 20 ans donc, était lancé CD Projekt RED, division de développement de jeux vidéo dont la première réalisation sera donc The Witcher, adaptation des romans du plus célèbre des auteurs du pays. À l’époque, ce dernier écrivait (et publiait) depuis une quinzaine d’années différents épisodes de sa série littéraire à succès, qui mélangeait l’univers de la fantasy, la mythologie slave et même l’histoire de son propre pays, un peu trop méconnue en-dehors de ses frontières.

The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?
Andrzej Sapkowski est l’auteur de la série de livres “Le Sorceleur”, à l’origine des jeux vidéo The Witcher.

C’est donc le 26 octobre 2007 que paraît The Witcher, en exclusivité sur Windows. Même s’il s’agit alors de leur toute première production, les développeurs basés à Varsovie livrent alors une excellente première copie, globalement saluée par la presse spécialisée : leur jeu de rôle orienté fantasy est une véritable réussite technique, porté par une direction artistique et une bande originale de très grande qualité. Mais surtout, la grande qualité de sa narration est louée, alors qu’il s’agit d’une adaptation : l’auteur des livres n’a pas participé à l’écriture du scénario du jeu vidéo, car son rôle se borna à vendre ses droits d’auteur à CD Projekt… et ce pour une somme misérable (estimée à environ 8 200€). Il considérait en effet qu’il ne leur devait rien et que sa simple notoriété en Pologne aiderait à promouvoir les jeux que le studio baserait sur ses livres !

J’ai été assez stupide pour leur vendre les droits. Ils m’ont proposé un pourcentage sur leurs profits. J’ai dit non, il n’y aura jamais de profits, donnez-moi tout l’argent maintenant. J’ai été suffisamment bête pour tout leur confier parce que je n’ai pas cru en leur succès. Mais qui aurait pu deviner ? Pas moi.

– Andrzej Sapkowski, auteur des romans “Le Sorceleur”, en mars 2017

Si la qualité technique du jeu est saluée par les critiques à l’époque, c’est peut-être aussi parce que celle-ci est portée par l’exclusivité du support PC. Le premier jeu vidéo conçu par CD Projekt RED porte en lui l’ADN d’un studio spécialisé dans celle que l’on aime communément surnommer “master race”, et se verra offrir une version pas mal remaniée qui corrige de nombreux bugs, réduit la durée des loadings, diversifie considérablement les PNJ, et rajoute même du contenu inédit. Intitulée The Witcher : Enhanced Edition, elle sort en septembre 2008, toujours uniquement sur PC. Une version console est alors dévoilée, sous le nom The Witcher : Rise of the White Wolf, en décembre de la même année. Prévue pour les deux supports de septième génération, la PlayStation 3 et la Xbox 360, elle envisageait une révision du système de combat (un des rares points faibles pointé du doigt dans les tests d’époque sur PC) et d’utiliser un nouveau moteur graphique, mais elle sera hélas annulée. Ainsi, le premier The Witcher ne sortira jamais sur consoles, et son seul portage arrivera sur… Mac, en avril 2012, sous le titre
The Witcher : Enhanced Edition Director’s Cut.

Notre Gaming Live d’époque, présentant le gameplay d’époque de The Witcher sur PC

Un remake plus que bienvenu pour tout le monde

Depuis 10 ans, nous avons donc arrêté d’espérer un quelconque portage consoles du premier opus de la saga, dont la suite, The Witcher 2 : Assassins of Kings, n’était pas loin de présenter le même problème. Sortie initialement uniquement sur PC en mai 2011, elle connaîtra une sortie console exclusivement sur Xbox 360 en avril 2012, et ce portage reste à ce jour la seule et unique version disponible sur consoles d’un des deux premiers opus de la trilogie. Celle-ci se conclura magistralement en 2015 avec The Witcher III : Wild Hunt, affranchi de toute forme de carcan au point de même connaître une édition Nintendo Switch affectueusement rebaptisée “The Switcher”, et considérée comme un portage quasi miraculeux qui ne fait pas honte à la grandeur d’un des titres les plus acclamés de sa décennie, pour ne pas dire de l’histoire du jeu vidéo, au vu de la quantité ahurissante de récompenses qui lui ont été attribuées depuis 7 ans et demi.

The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?
Sorti en 2012 sur Xbox 360, The Witcher 2 permet à CD Projekt de s’aventurer hors de l’univers PC.

Depuis ce succès monumental, aussi bien critique que commercial (on parle de plus de 40 millions d’exemplaires de The Witcher 3 distribués dans le monde !), la série littéraire a bien évidemment connu un regain de popularité retentissant, et une série Netflix a été produite. Découvrir les origines du Sorceleur est devenu un réflexe culturel pour d’innombrables joueurs, à travers les livres et/ou la série TV, mais jusqu’alors, rien n’avait été fait pour remettre au goût du jour le premier jeu de 2007, littéralement “bloqué” sur PC et Mac, et dont le seul million de copies écoulé n’a jamais fait un “must-have”. The Witcher 2 n’a d’ailleurs pas davantage été bénéficié d’un quelconque portage, et si les deux premiers épisodes de la trilogie de CD Projekt dépassent les 5 millions de ventes, c’est un total assez faible en comparaison du carton historique du dernier volet. Dans un tel contexte, des remasters console (voire PC, vu qu’ils datent quand même pas mal) ou carrément des remakes s’imposent plus que de raison ! Et cela tombe bien : le projet “Canis Majoris” révélé le 4 octobre dernier consiste en un “The Witcher Remake”.

Majoris est un jeu The Witcher à part entière, distinct de la nouvelle saga The Witcher qui débute avec Polaris. Il sera développé par un studio externe dirigé par des développeurs expérimentés qui ont travaillé sur les précédents jeux The Witcher.

– Compte Twitter officiel de CD Projekt RED, le 4 octobre 2022

La promesse d’une énorme mise à jour technique

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Seven : The Days Long Gone est le seul jeu développé par le studio en charge du remake de The Witcher.

Après avoir entamé sa prise de parole par l’annonce aussi audacieuse que risquée du futur jeu Cyberpunk, sous le nom de code “Orion”, CD Projekt RED a laissé s’écouler trois semaines complètes avant de dévoiler ce que littéralement personne n’avait vu venir, et qui n’avait fuité absolument nulle part à l’heure où les leaks sont légion : un remake du premier The Witcher est en cours de développement, et sous Unreal Engine 5. Néanmoins, il ne sera pas réalisé par le studio historique mais par Fool’s Theory, studio compatriote de CD Projekt connu uniquement pour le relativement oubliable action-RPG Seven : The Days Long Gone, dont seule la bande originale marqua les esprits. Il faut dire que celle-ci était l’œuvre de Marcin Przybyłowicz, compositeur des musiques de… The Witcher 2, The Witcher 3, et Cyberpunk 2077 (tiens donc). L’éditeur en profite au passage pour préciser que le titre n’en est qu’aux premières étapes de son développement, qu’il se charge de la supervision du projet et que des vétérans de la saga The Witcher sont impliqués dans sa conception chez Fool’s Theory.

S’il commence à sérieusement accuser le poids de ses 15 ans, The Witcher était un sacrément beau jeu à l’époque de sa sortie.

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Dans son communiqué, CD Projekt (qui demeure l’éditeur du jeu) annonce que le jeu avec lequel tout a commencé (sic) est reconstruit de zéro et tournera sous l’Unreal Engine 5, le tout nouveau moteur conçu par Epic Games pensé pour “habiller” tout un tas de titres de nouvelle génération avec un souci du détail sans précédent. Lorsque Adam Badowski, directeur de CD Projekt RED, explique que le jeu est “refait pour la prochaine génération de joueurs”, on comprend sans l’ombre d’un doute qu’il se destine à la génération actuelle de machines. Certes, dans le communiqué, les plates-formes d’accueil de l’ex projet “Canis Majoris” ne sont pas encore mentionnées, mais il semble plus qu’évident qu’en plus du PC, un projet aussi ambitieux et sans doute (très) loin de paraître, est prévu exclusivement pour les consoles de nouvelle génération, à savoir la PlayStation 5 et la gamme Xbox Series (dont on attend par ailleurs toujours des nouvelles quant à la date de sortie du “patch next-gen” de The Witcher 3).

L’Unreal Engine 5, c’est quoi ?

Dernière version d’un des moteurs de jeu les plus célèbres et utilisés au monde, celui que l’on synthétise en “UE5” incarne le futur du jeu vidéo dans son approche d’un photoréalisme saisissant. Révélé au printemps dernier, le nouveau moteur d’Epic Games sera utilisé par une immense majorité de studios et d’éditeurs du milieu, dont nous vous dressions une première liste début avril, et de nombreux jeux next-gen en tireront profit.

Justement, parmi les titres prévus pour tourner sous Unreal Engine 5, en plus du remake de The Witcher bien entendu, se trouvent notamment des titres très attendus comme Senua’s Saga : Hellblade II, S.T.A.L.K.E.R. 2 : The Heart of Chornobyl, Tekken 8, Avowed, ARK II, Kingdom Hearts IV, The Day Before, Redfall, Dragon Quest XII : The Flames of Fate, State of Decay 3… ou encore le prochain opus de la mythique saga Tomb Raider].

Une démo technique, The Matrix Awakens, avait également été proposée en téléchargement gratuit sur consoles next-gen en mai dernier, pour témoigner du potentiel de ce moteur ultra ambitieux. Enfin, même si c’est une évidence vu que le titre appartient à Epic, concepteur du moteur, Fortnite a été le premier jeu à bénéficier d’une mise à jour Unreal Engine 5.

Une occasion idéale de se racheter auprès des joueurs

The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?
Espéré comme le renouveau du jeu de rôle, Cyberpunk 2077 a en fin de compte déçu beaucoup de joueurs.

C’est une évidence : un “classique” de 2007 se doit d’être remis au goût du jour 15 ans après, surtout qu’il y a fort à parier, considérant les temps de développement modernes, qu’on se rapprochera du 20ème anniversaire quand un tel projet arrivera à son terme. Cependant, la quasi nécessité de reconstruire The Witcher de zéro n’a pas qu’un simple enjeu créatif : CD Projekt doit se refaire une image après le lancement extrêmement compliqué de Cyberpunk 2077, qui a coûté énormément de crédit à la marque. Même si le RPG futuriste s’est refait une santé depuis, au point d’être revenu parmi les jeux les plus joués sur Steam grâce – entre autres – à l’engouement autour de l’excellente série animée Edgerunners sur Netflix, la réputation du studio polonais demeure entachée par les innombrables controverses autour de la sortie d’un des jeux les plus attendus de tous les temps. Si ce dernier avait connu une sortie plutôt bonne sur PC, où le jeu était par ailleurs globalement bien noté, l’état catastrophique des versions “old-gen”, couplé aux innombrables reports et aux scandales autour de la pratique du crunch, avait fait très mal à la société dirigée par Adam Kiciński.

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Avec plus de 40 millions de ventes, The Witcher 3 est un des plus gros succès de l’histoire du jeu vidéo.

Ainsi, et ce malgré la relative renaissance improbable de son dernier jeu, que certains aiment comparer aux miracles vécus par Final Fantasy XIV Online ou encore No Man’s Sky, CD Projekt RED ne jouit plus tout à fait de la même réputation exceptionnelle que celle qui fut la sienne après le succès de The Witcher 3, et le conduisit à s’embourber dans le développement chaotique d’un projet peut-être trop titanesque pour lui. Revenir aux bases, d’une certaine manière, en supervisant le remake de son tout premier jeu vidéo tout en confiant le développement de son remake à un studio voisin, est sans doute un des meilleurs choix que pouvait opérer CD Projekt. Selon un calcul simple, moins de 3% des joueurs de The Witcher 3 a joué au premier jeu de 2007, et il y a fort à parier que le pourcentage de ceux s’étant renseignés sur son scénario n’est pas beaucoup plus élevé, qu’ils en aient regardé des let’s play ou lu des résumés en ligne. Dans ce contexte, nous faisons face à un remake totalement logique, pour ne pas dire nécessaire, bien que l’on soit en mesure de se demander ce qu’on peut quand même en attendre, en fin de compte…

Cela va de soi, c’est un remake beaucoup plus beau que cela qu’on espère, et Fool’s Theory sera de fait très attendu au tournant.

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Remake, mais jusqu’à quel point ?

La notion de remake dans le monde du jeu vidéo peut avoir plusieurs définitions. De la simple retouche graphique “from scratch” débouchant sur un jeu identique mais largement plus beau qu’un simple remaster (coucou The Last of Us Part I) à la vraie belle grosse refonte aux standards modernes d’un titre d’un autre âge (Mafia : Definitive Edition ou encore Resident Evil 2), les remakes peuvent aussi considérablement modifier le jeu d’origine quitte à réécrire des pans entiers de son scénario voire se diviser en plusieurs épisodes, tel Final Fantasy VII Remake. Ce n’est peut-être pas un hasard si, à l’instar de la révision de son titre culte par Square Enix, le remake de The Witcher contient ce terme si important dans son titre, à moins bien entendu que ce dernier ne soit que provisoire. Reste qu’à ce jour, le seul visuel associé laisse supposer qu’il s’intitulera bien “The Witcher Remake” et pas autrement.

Resident Evil 2, Final Fantasy VII, The Last of Us : duquel de ces remakes célèbres se rapprochera le plus celui de The Witcher ?

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Une réécriture du scénario pourtant acclamé de The Witcher serait-elle donc à prévoir ? Si on part du principe que son objectif est toujours de constituer une adaptation des romans du Sorceleur, dont la série s’est achevée de nombreuses années avant la publication du premier jeu vidéo (le septième et dernier volume date de 1999), il n’y a pas de raison de retoucher quoi que ce soit à sa trame. Le remake de Final Fantasy VII, basé certes sur une œuvre originale non adaptée d’un livre, avait pris beaucoup de libertés notamment parce que d’autres histoires avaient été écrites entre-temps (comme Crisis Core : Final Fantasy VII pour ne citer que lui, surtout au vu de l’intégration d’une partie de son lore dans FF7 Remake), mais il ne semble aucunement que The Witcher ait besoin d’une réécriture, en tout cas pas une trop importante. Bien sûr, la série Netflix étant passée par là, et se basant justement sur les premiers volumes de la série du Sorceleur de Sapkowski, on pourrait se questionner sur l’influence qu’elle pourrait avoir une potentielle réécriture. Reste que celle-ci semble assez dispensable : The Witcher 3 doit en grande partie son statut de chef-d’œuvre au niveau d’excellente particulièrement élevé de sa narration, et c’est peut-être davantage de ce côté qu’il faudrait trouver une quelconque inspiration pour “retaper” le jeu de 2007.

The Witcher : que devons-nous attendre du remake sous Unreal Engine 5 pour les 15 ans de la série ?
Retrouvera-t-on la colorimétrie si propre à The Witcher 3, ou un rendu ultra réaliste sous Unreal Engine 5 ?

Cependant, et pour finir, si prendre The Witcher 3 comme modèle “moderne” afin de concevoir un remake semble une évidence, c’est davantage dans la manière dont il lie savamment narration et gameplay que Fool’s Theory doit puiser l’essentiel de son inspiration. Bon nombre de grands remakes ont été conçus sur la base d’un épisode récent de la licence concernée, et ce même si cela déplaît parfois aux “vieux de la vieille” qui ne souhaitent qu’une refonte graphique et une remise à niveau des contrôles, afin de tout simplement jouer dans des conditions modernes (exactement ce qu’a opéré Naughty Dog récemment avec son remake de The Last of Us, donc). En attendant, s’il travaille main dans la main avec son illustre voisin, le studio basé à Bielsko-Biała (*) a clairement tout à disposition pour livrer la révision la plus fidèle d’un jeu trop méconnu, relatif classique limité à la sphère des joueurs PC qui se doit d’être remis au goût du jour au vu des standards de développement impressionnants dont nous disposons désormais, surtout avec les possibilités presque irréelles d’un monstre comme l’Unreal Engine 5. Dès lors, peu de remakes sont autant attendus, et on a très hâte de voir à quel point il est à la hauteur de sa réputation !

(*) Oui, il convenait de citer cette ville dans l’article, et puis qui vous a dit qu’on a vérifié sur Google ?

Le remake de The Witcher est très attendu, et dire le contraire serait une regrettable erreur au vu de l’aura incroyable dont dispose le troisième épisode paru huit ans après. Sans (trop) toucher à son scénario original, bien que celui-ci ne soit finalement connu que d’une minorité de fans, Fool’s Theory bénéficiera de l’héritage d’un GOTY adulé de la sphère gaming pour travailler sereinement sur une refonte intégrale d’un titre qui n’a, osons-le, jamais été spécialement un classique du jeu vidéo. Le studio quasi néophyte dispose toutefois des moyens et de l’expertise nécessaire pour faire de The Witcher un nouveau classique moderne à travers son remake, venant compléter un univers fascinant que l’on réduit bien trop à son troisième épisode à qui, peut-être, les joueurs cesseront de le limiter. Et qui sait, peut-être qu’après CD Projekt RED, un autre studio polonais tirera parti de sa vision et de sa maîtrise de l’univers fabuleux imaginé par le plus illustre de ses compatriotes, et trouvera le moyen de prendre son envol à son tour. Pour cela, et si l’on ose dire, il faudra juste un peu plus qu’un simple coup de polish.

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