Test Final E500 : des intras simplistes qui cachent bien leur jeu

Note de la rédaction: 3 sur 5

Fabrication & accessoires

Les E500 donnent le ton dès qu’on les extirpe de leur petite boîte en carton : on est bien ici face à des écouteurs très abordables, à la conception sommaire, mais qui font tout de même le job. Ces écouteurs lilliputiens, impressionnants par leur finesse et leur poids plume, sont protégés par un châssis en plastique ABS où l’on devine très clairement les différents points d’assemblage. Le tout est relié par un câble relativement épais se terminant par un connecteur mini-jack. Ce dernier est coudé et une partie est souple, limitant ainsi les risques de casse.

Le câble dispose d'un système de serre-câble

Le câble dispose d’un système de serre-câble

© Les Numériques

Au regard de leur conception, nul doute qu’il sera nécessaire de bien prendre soin des écouteurs pendant leur utilisation, afin de leur éviter une exposition à la pluie ou, pire, à la sueur, et de les ranger à l’abri après chaque utilisation pour maximiser leur longévité. Si aucune pochette de transport n’est fournie, on trouve en revanche une large variété de tailles d’embouts en silicone (pas de mousse ou d’embouts bi/tri-flanges en revanche).

Le code couleur sert à différencier la taille mais aussi l’écouteur gauche du droit : un repère plus visible que la très discrète sérigraphie sur le châssis des écouteurs

Le code couleur sert à différencier la taille mais aussi l’écouteur gauche du droit : un repère plus visible que la très discrète sérigraphie sur le châssis des écouteurs

© Les Numériques

Note de la rédaction: 3 sur 5

Confort & maintien

On l’a dit, les E500 optent pour un design particulièrement compact et sont d’une légèreté ahurissante. Ceci ne suffit toutefois pas à en faire des parangons de confort.

C’est en effet une expérience de port relativement sommaire que nous proposent les intra-auriculaires de Final. Ces derniers sont tenus et maintenus en place dans une très large mesure par leur enfoncement/intrusion à l’entrée du conduit auditif, ce qui n’est pas franchement idéal, d’autant plus que les embouts ont une petite tendance à glisser quand le mouvement du câble les dévisse progressivement. La sensation d’intrusion est ici marquée, supportable pour les habitués des intras mais tout de même un peu trop accentuée pour vraiment porter les écouteurs confortablement plusieurs heures d’affilée. On apprécie cela dit la présence des nombreuses tailles d’embouts pour optimiser le port des écouteurs et s’éviter de mauvaises surprises. Finalement, le confort est correct, mais il n’est pas rare de devoir faire des pauses et prendre un moment pour les repositionner de temps à autre.

Bien que le phénomène ne se soit pas présenté lors de nos différents essais, on sent aussi que la partie arrière du cylindre formé par le châssis des écouteurs a de très fortes chances de venir s’appuyer contre la conque/antitragus chez les oreilles les plus exiguës en créant un inconfort certain.

Note de la rédaction: 4 sur 5

Audio

Les E500 se sont forgé une petite réputation chez les esthètes du son et, même si certains encensent un peu trop leurs qualités, il faut reconnaître que les “petits” écouteurs de Final sont de la trempe des plus grands sur certains points…

En effet, quelle ne fut pas notre surprise en découvrant la restitution sonore des E500, d’une propreté à faire pâlir des écouteurs dix, vingt… voire cent fois plus onéreux. Le petit haut-parleur de 6,2 mm fait preuve d’une excellente maîtrise, distillant un très bon niveau de détail sur l’ensemble du spectre : les basses sont parfaitement ciselées, les médiums et les aigus limpides, fins. On peut le dire, le traitement fourni est quasi chirurgical.

Difficile de trouver à redire sur de telles mesures, qui démontrent la grande vélocité des écouteurs

Difficile de trouver à redire sur de telles mesures, qui démontrent la grande vélocité des écouteurs

Les écouteurs fournissent également une belle définition sur ces bandes de fréquences, notamment sur la seconde partie du spectre, avec une extension dans les plus hautes fréquences permettant de profiter d’une scène sonore joliment ouverte et aérée, large, où les nuances nous parviennent sans difficulté. Les conditions sont parfaitement réunies afin d’apprécier avec une très belle justesse les timbres des instruments (notamment certaines de leurs composantes parfois difficiles à discerner au premier coup d’oreille) et, dans une certaine mesure, la dynamique.

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 94 dB, 1 kHz)

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 94 dB, 1 kHz)

© Les Numériques

Bien qu’il s’agisse d’un point critique, le niveau de précision ne fait pas tout. Les E500 révèlent une autre spécificité qui leur empêche de viser les sommets : leur signature est l’incarnation du terme “acéré”. Il convient ici de scruter le rendu dans son ensemble, car, si on leur trouve un bon équilibre en analysant bande par bande, les écouteurs montrent au global une franche préférence pour les haut-médiums. Cet aspect acéré, très vif et tranchant, est déjà mis en valeur par la timidité des écouteurs dans les plus basses fréquences. On peut apprécier les basses parfaitement neutres, mais le comportement des E500 étant objectivement trop timide, cela donne au final des basses particulièrement “sèches”, manquant un peu trop de profondeur, d’impact, de poids. Voilà d’ailleurs un point qui se ressent en écoute nomade du fait de l’isolation phonique relativement légère des écouteurs. Après tout, il n’y a pas ici de réduction de bruit active pour se prémunir au mieux des bruits alentour.

Mesure d'isolation : référence (noir), isolation phonique passive/naturelle des E500 (violet)

Mesure d’isolation : référence (noir), isolation phonique passive/naturelle des E500 (violet)

© Les Numériques

Cet embonpoint dans les haut-mediums exacerbe la notion de clarté et fait office de “loupe sonore” pour percevoir plus facilement les détails tout en mettant en valeur certaines sources, souvent solistes, notamment les voix. On peut apprécier un tel choix, d’ailleurs relativement mesuré par rapport à d’autres modèles excessivement généreux, mais il a néanmoins deux conséquences. La première a trait à la fatigue auditive : puisqu’on se situe pile dans la zone de sensibilité maximale de l’oreille humaine, l’énergie supplémentaire déployée peut devenir éprouvante à la longue, surtout si l’on pousse le niveau d’écoute, chose que l’on peut avoir tendance à faire avec des écouteurs qui ne sont pas extrêmement isolants. Il faudra donc rester sage sur le volume pour profiter confortablement de ses contenus. Dans une bien moindre mesure, cette sonorité “frontale” a aussi pour effet d’écraser légèrement la scène sonore vers l’avant, cette dernière pouvant donc manquer un peu de profondeur et donc de naturel. Un traitement plus doux aurait aussi permis de jouir au maximum de la réponse très naturelle des écouteurs dans les aigus, ici un brin masquée.

Les E500 montrent patte blanche en ce qui concerne la distorsion, et ce sur l’ensemble du spectre

Les E500 montrent patte blanche en ce qui concerne la distorsion, et ce sur l’ensemble du spectre

© Les Numériques

Points forts

  • Grande précision sonore.

  • Sonorité claire, très définie, bonne restitution des timbres.

  • Très belle largeur stéréophonique.

  • Conception ultra légère, cinq paires d’embouts de tailles différentes.

Points faibles

  • Restitution sonore un peu trop acérée, “frontale”.

  • Extrêmes basses trop timides.

  • Particulièrement sensibles aux transmissions solidiennes (bruit de contact, frottement du câble).

  • Confort et maintien des écouteurs un poil trop sommaire.

  • Pas de pochette de transport, pas d’embouts en mousse/multi-flanges.

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